Sens & idées | L’envers positif des coûts cachés : la performance par le bien-être
Notre propos sur les coûts cachés continu : intéressons-nous à présent à son versant logique : la performance par le bien-être au travail. Il est acquis, grâce à plusieurs études, que le bien-être a un réel impact sur la créativité, la productivité du salarié, sur son engagement au travail et au sein de l’entreprise ainsi que sur sa propension à travailler en équipe ; en un mot sur ses compétences de travail donc sur sa performance. Un courant de recherche, en France et à l’international (Europe, Canada, Etats-Unis), mène des études sur ce lien entre bien-être et performance. Jeroen Derwall, professeur assistant en finance au département d'économie et de gestion de l'université de Maastricht, a démontré dans sa thèse que "l'apport d'une gestion sociale et environnementale à la création de valeur peut être financièrement évalué" (intitulé de sa thèse qui a reçu en 2008 le Prix européen de la recherche "Finance et développement durable"). Il rappelle notamment que de bonnes relations sociales améliorent la rentabilité de l'entreprise grâce à une meilleure productivité des employés. Inversement, le baromètre d’IPSOS 2010 révèle que 42% des salariés estiment que leur mal-être affecte leur performance. Ainsi, les entreprises devraient accorder plus d’importance et d’attention au bien-être au travail. Quelques initiatives permettent d’en évaluer les bénéfices. En prenant en compte les indicateurs RH, santé, conditions de travail, productivité et innovation, l’entreprise peut réaliser une simulation chiffrée et avoir un aperçu des gains qu’elle pourrait atteindre en améliorant simplement le bien-être de ses salariés.
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27 juin L’envers positif des coûts cachés : la performance par le bien-être

Notre propos sur les coûts cachés continu : intéressons-nous à présent à son versant logique : la performance par le bien-être au travail. Il est acquis, grâce à plusieurs études, que le bien-être a un réel impact sur la créativité, la productivité du salarié, sur son engagement au travail et au sein de l’entreprise ainsi que sur sa propension à travailler en équipe ; en un mot sur ses compétences de travail donc sur sa performance. Un courant de recherche, en France et à l’international (Europe, Canada, Etats-Unis), mène des études sur ce lien entre bien-être et performance. Jeroen Derwall, professeur assistant en finance au département d’économie et de gestion de l’université de Maastricht, a démontré dans sa thèse que « l’apport d’une gestion sociale et environnementale à la création de valeur peut être financièrement évalué » (intitulé de sa thèse qui a reçu en 2008 le Prix européen de la recherche « Finance et développement durable »). Il rappelle notamment que de bonnes relations sociales améliorent la rentabilité de l’entreprise grâce à une meilleure productivité des employés. Inversement, le baromètre d’IPSOS 2010 révèle que 42% des salariés estiment que leur mal-être affecte leur performance. Ainsi, les entreprises devraient accorder plus d’importance et d’attention au bien-être au travail. Quelques initiatives permettent d’en évaluer les bénéfices. En prenant en compte les indicateurs RH, santé, conditions de travail, productivité et innovation, l’entreprise peut réaliser une simulation chiffrée et avoir un aperçu des gains qu’elle pourrait atteindre en améliorant simplement le bien-être de ses salariés.

 

Les bénéfices de la performance en chiffres

 

De la même façon que les coûts cachés se chiffrent pour évaluer les pertes de l’entreprise, le bien-être au travail se mesure afin d’en faire ressortir les gains. Ainsi, en améliorant les conditions de travail des salariés, une entreprise peut faire baisser son taux de turn-over de 7% et voir ses accidents du travail divisés par deux. Le taux d’absentéisme peut également baisser à 3,4% contre 7% de moyenne nationale (ANACT). Outre une meilleure image de l’employeur, ces améliorations se répercutent directement sur les performances de l’entreprise au niveau de sa productivité, sa qualité, sa rentabilité et peuvent se chiffrer très concrètement. Une récente étude de la Havard Business Review confirme  que « Les employés heureux sont 30% plus productifs, leurs ventes sont supérieures de 37% et leur créativité est multipliée par 3 ». Le bénéfice est multiplié par deux et, selon le Career Journal, « les entreprises qui améliorent la satisfaction des employés de 20%, peuvent améliorer leurs performances financières de 42% ». De plus, les entreprises soucieuses du bien-être de leurs employés ont un CA qui augmente en moyenne de 15% par an sur une période de 9 ans. En comparaison, le CA des entreprises où les conditions de travail sont médiocres n’augmente en moyenne que de 0,1% (Denison Consulting). On note encore un gain sur le plan boursier. Les entreprises soucieuses du bien-être ont enregistré une performance annualisée de 14%, soit le double de la performance du marché, sur une période de 7 ans entre 1998 et 2005 (Etude de la Wharton School et University of Pennsylvania, 2009). Enfin, autre bénéfice non négligeable, le gain économique réalisé par l’entreprise lorsque, grâce à l’amélioration conditions de travail elle fait baisser le coût financier de l’absentéisme, la partie des dépenses de santé qui restent à charge l’employeur, les pénalités financières…

 

Quelles sont les clés pour améliorer le bien-être en entreprise ?

 

Considérant alors qu’un salarié heureux et épanoui dans son job est beaucoup plus efficace et productif, les entreprises ont tout intérêt à organiser ce bien-être. Meilleure visibilité sur les évolutions professionnelles, amélioration du confort des postes de travail ou des espaces détente, temps pour discuter en équipe des moyens à mobiliser pour réduire le stress et les conflits : voilà quelques pistes de progrès pour plus de bien être au travail. Une meilleure écoute et une plus grande disponibilité de leurs supérieurs hiérarchiques leur paraît également nécessaire (Baromètre IPSOS 2010 par Bernard Julhiet group Capital Santé). En résumé, les salariés réclament un projet qui a du sens. Concrètement, il faut recréer des équipes de travail pluridisciplinaires, restaurer du dialogue, redonner de l’autonomie afin de laisser la créativité et les compétences s’exprimer. Les maîtres mots du bien-être et de la motivation en entreprise doivent être autonomie, cohésion, reconnaissance, maîtrise, justice, optimisme et sens (sentiment d’avoir une mission et en comprendre la finalité).

Développer cette approche dans les entreprises, c’est mettre fin à l’idée reçue encore trop présente que la pression est la meilleure façon d’obtenir le maximum des individus. Ce système coûte davantage et rapporte beaucoup moins qu’un modèle d’entreprise investissant dans le capital humain et l’intelligence collective mis au service dans d’un objectif commun.

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