Sens & idées | « La satisfaction de pouvoir agir face aux RPS » – Interview
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« La satisfaction de pouvoir agir face aux RPS » – Interview

01 fév « La satisfaction de pouvoir agir face aux RPS » – Interview

4 questions à Sandrine Chabanet, Xavier Lefoul et Valérie Pares, référents RPS chez Sofradir, leader français de l’infra-rouge

Une enquête sur le bien-être en entreprise menée en 2015 au sein du groupe Sofradir a mis à jour des situations de tension parmi les collaborateurs. Face à ce constat, la Direction des Ressources Humaines a décidé d’agir et de constituer un groupe dédié au traitement des Risques Psycho-Sociaux (RPS). Un choix qui s’est révélé bénéfique pour l’entreprise et ses salariés. 

Pourquoi êtes-vous devenus Référents RPS dans votre entreprise ?

Valérie Pares, Ingénieur Sécurité – J’ai fait partie du premier groupe réuni par notre DRH[1]. Parce qu’il nous connaissait, il a proposé à une dizaine d’entre nous de devenir référents, sur les deux sites de l’entreprise, à Veurey-Voroize en Isère et à Palaiseau dans l’Essonne. Libre à nous d’accepter ou non la mission. Nos profils étaient variés : manager, RH, infirmière, délégué du personnel, représentant CHSCT[2], responsable sécurité…

Sandrine Chabanet, Chef du Département R&D – En juin 2015, nous avons suivi une formation avec le cabinet Sens & idées, qui nous a permis de mieux appréhender notre rôle, de créer des outils et de rédiger une charte de fonctionnement : l’exigence de confidentialité, l’écoute attentive, l’absence de jugement, la capacité à orienter les personnes en difficulté, structurent les fondements de notre mission. Cette formation a créé des liens entre les référents. Et dès août, nous avons organisé des rencontres avec des personnes qui le souhaitaient.

Xavier Lefoul, Responsable appels d’offres nouveaux produits – Je suis arrivé plus tard dans le groupe, en 2017, à ma demande. C’est l’année où les référents RPS ont été le plus souvent sollicités par de nouveaux cas. Sans doute parce que ces 2 années avaient été nécessaires à l’équipe pour se faire connaître et pour gagner la confiance des collaborateurs en difficulté. Nous avons été plusieurs à rejoindre le groupe.

Quelle organisation avez-vous mise en place ?

Sandrine Chabanet – Le suivi de notre formation en 2017 a donné un nouvel élan à notre action. En parallèle, nous avons transformé notre organisation et mis en place une cellule spécifique CHSCT/RPS, pour assurer un meilleur suivi et mesurer notre efficacité face aux risques psycho-sociaux.

Valérie Pares – J’ai pris en charge le rôle de pilote du groupe RPS et dressé un bilan de notre action : depuis nos débuts, nous avons suivi 48 personnes de l’entreprise, ce qui représente 31 cas, dont 25 sont clos. Généralement, la difficulté rapportée est d’ordre relationnel entre les personnes, la plupart du temps entre manager et collaborateur, parce que l’on a souvent le tort de faire porter les problèmes d’organisation sur l’humain. Dans la moitié des cas, l’écoute suffit. Pour la personne en souffrance, cela lui donne assez de ressort pour s’en sortir ! Mais parfois, nos collaborateurs ont besoin d’être accompagnés dans la durée. Si le cas est complexe, nous en parlons au sein du groupe, en toute confidentialité, pour enrichir nos pistes de solutions. La situation peut même nécessiter l’intervention d’un médiateur externe.

Xavier Lefoul – Côté outils, nous disposons d’un espace intranet sécurisé, duquel nous pouvons télécharger les documents utiles pour notre mission : grille de questions, outils d’analyse, tableau de bord, comptes-rendus… Cette structuration est indispensable pour avoir une action efficace et pourtant, certaines personnes ont du mal à officialiser leur état de souffrance. Elles préfèrent avoir des discussions avec nous de manière informelle, dans les transports en commun, autour d’un déjeuner. Nous nous tenons à leur disposition mais nous les invitons aussi à partager dans un contexte plus cadré. Il ne faut pas que la rencontre se résume à des discussions de collègue à collègue.

Comment avez-vous été accompagné par Sens & idées dans la démarche ?

Xavier Lefoul – Sens & idées nous a ouvert les yeux sur de nombreuses idées reçues en matière de risques psycho-sociaux, avec l’appui d’études scientifiques. Non, il n’existe pas de bon stress. Rarement, le mal-être au travail vient des personnes. C’est l’organisation du travail qui est en cause.

Valérie Pares – Le cabinet nous a aidés à créer des grilles de questionnements objectifs et des indicateurs pertinents, ce qui nous permet de mesurer notre efficacité. Nous avons appris à remonter les chaînes de causalité pour identifier l’origine de la situation.

Sandrine Chabanet – Sens & idées nous a entraînés à l’écoute et à l’analyse, à repérer les personnes en souffrance, à aller à leur devant, même si elles ne viennent pas nous voir, à savoir comment agir en cas de harcèlement. Benjamin Gay nous a aussi appris à nous protéger, à éviter d’être trop affectés par les situations parfois très douloureuses. Il faut être solide et bien dans sa vie pour aider les autres.

Que vous apporte votre engagement auprès de vos collègues ?

Sandrine Chabanet – Ma mission en tant que référent RPS m’a fait progresser. Elle m’a permis de mieux connaître l’entreprise et ses salariés, pas seulement mon département. Mes collaborateurs connaissent ainsi ma vision du management. Le groupe est bien identifié aujourd’hui. Lors de la dernière Assemblée Générale de Sofradir, le DRH nous a présentés physiquement, nous avons été applaudis. C’est gratifiant.

Valérie Pares – J’ai évolué dans mes contacts autour de moi. J’arrive maintenant à écouter les personnes en souffrance sans me mettre en danger. J’ai beaucoup appris. J’apprécie vraiment les échanges avec les autres. C’est une belle histoire de rapports humains.

Xavier Lefoul – Souvent, je rappelle une citation de Sénèque : « Si tu as la force d’accepter ce que tu ne peux pas changer, le courage de changer ce que tu peux changer et l’intelligence de savoir distinguer les deux, alors rien ne te résistera» Cette philosophie n’a rien à voir avec un quelconque fatalisme. C’est une logique d’action. Mon – notre – action permet de laisser une trace positive dans le monde. Elle nous donne la possibilité d’AGIR.

[1] Directeur des Ressources Humaines

[2] Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail

 

Rôles du dispositif et des référents RPS