Sens & idées | Adapter le travail à l'homme, principe fondateur de la loi de modernisation sociale
Désormais, en cas de difficultés d’un collaborateur, l’entreprise doit s’interroger sur les causes organisationnelles au sens large (évolution des conditions de travail, de la charge de travail, de la mission, de l’organisation, de l’encadrement, des relations professionnelles…) et tout mettre en œuvre pour permettre au salarié d’assumer son travail : formations, aménagements… Le problème doit donc être abordé sous un angle individuel et collectif...
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27 nov Adapter le travail à l’homme, principe fondateur de la loi de modernisation sociale

Adapter le travail à l’homme est l’un des grands principes de la loi de modernisation sociale de 2002 (article L4121-1) qui redéfinit la relation entre l’homme et le travail. Toute entreprise doit intégrer ce principe ce qui perturbe souvent les directions. Que signifie t-il en termes de management des Organisations, au-delà du fait évident que le travail ne doit pas rendre malade ?

Désormais, en cas de difficultés d’un collaborateur, l’entreprise doit s’interroger sur les causes organisationnelles au sens large (évolution des conditions de travail, de la charge de travail, de la mission, de l’organisation, de l’encadrement, des relations professionnelles…) et tout mettre en œuvre pour permettre au salarié d’assumer son travail : formations, aménagements… Le problème doit donc être abordé sous un angle individuel et collectif.

Pour l’entreprise, il en va de même. En cas de difficultés ou de changements majeurs, cette dernière doit penser aux impacts de ses décisions sur ses équipes et adapter sa structure et le travail de manière à préserver son personnel de conséquences négatives. Ainsi, une réduction d’effectifs s’accompagne d’une réflexion sur l’organisation. Dans cette logique, les enjeux humains et professionnels sont associés aux enjeux économiques et financiers des transformations. C’est une révolution dans la pensée managériale : ne plus penser l’organisation et sa productivité, à l’aune des seuls coûts, mais à celui du travail, de la performance et de la valeur ajoutée qu’il produit. Ainsi les questions de l’activité et du projet d’entreprise sont ramenées au centre des transformations et leurs donnent du sens. Grâce à cette approche, on évite les écueils qui affaiblissent les entreprises et on impulse une dynamique qui lui permet de se transformer et de renouer plus rapidement avec la création de valeur.

D’un point de vue managérial, adapter le travail à l’homme signifie penser les organisations, les procédures et les process à partir des équipes, les élaborer avec elles. Nous savons que les procédures les plus fines ne résistent pas à l’exercice du travail. Les salariés les adaptent systématiquement et développent de bonnes et de mauvaises pratiques. Ces pratiques évoluent d’ailleurs dans le temps. Les entreprises les plus productives, les plus performantes s’appuient sur les réalités du terrain pour définir leurs organisations. Les structures en mode projet en sont un exemple. La complexité du travail, sa variabilité, la souplesse demandée aux organisations et aux hommes plaident pour des modes de fonctionnement collaboratifs, basés sur des projets partagés.

Adapter le travail à l’homme par un dialogue constructif est une (r)évolution managériale qui contribue à replacer l’homme au cœur des Organisations. C’est indispensable si nous voulons rester compétitif et préserver une économie désirable, viable et durable.

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