Sens & idées | « Patrons, arrêtons de nous voiler la face en nous croyant accessibles ! » Interview.
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« Patrons, arrêtons de nous voiler la face en nous croyant accessibles ! » Interview.

14 mar « Patrons, arrêtons de nous voiler la face en nous croyant accessibles ! » Interview.

3 questions à Renaud Sornin, co-fondateur et président de Attestation légale (ALG).

ALG regroupe et sécurise les documents administratifs de ses clients pour qu’ils puissent les transmettre facilement à leurs propres clients, au moyen d’un dossier administratif unique. Au service du cœur de métier, le projet collectif repose sur la notion d’« entreprise partagée ». En quoi transforme-t-elle la vision traditionnelle ?

Trop souvent, les collaborateurs sont considérés comme les moyens d’une entreprise vue comme la finalité. La notion d’entreprise partagée assume un rapport inverse : l’humain est la finalité, la marge et la croissance, des moyens. On se situe donc dans le fil de « l’entreprise libérée », mais avec cette idée que l’on partage le plus possible avec toutes nos parties prenantes. Ça commence bien sûr par sa vision et ses valeurs collectives (transparence, confiance, responsabilité, cohésion et empathie), mais ça inclut aussi la valeur créée. On partage les difficultés et les succès, tout ce qui fait la vie de l’entreprise. C’est un vrai engagement à condition d’aller au-delà de la posture et du discours et de l’installer dans la réalité du quotidien ! Comment ? En donnant beaucoup de liberté aux gens, en leur faisant confiance. Par exemple, ALG applique un principe de subsidiarité selon lequel chacun travaille librement jusqu’au moment où il juge qu’il a besoin d’aide pour continuer. La subsidiarité permet d’installer de l’autonomie. C’est un processus qui élève les collaborateurs, contrairement à la délégation de pouvoir qui est un mouvement descendant. Autre exemple, nous avons une « cagnotte » dans laquelle tout le monde peut puiser pour engager un projet quel qu’il soit à la condition de recueillir 5 avis avant de se lancer. Ce sont des outils qui servent une ambition forte : construire la plus belle entreprise du monde aux yeux de ses parties prenantes. Pas forcément la plus rentable, celle qui paie le mieux, ou la plus grande, mais la plus belle !

Quels outils avez-vous utilisé pour vous assurer que cette vision était effectivement partagée par les collaborateurs ?

Pour ça, il faut accepter de regarder vraiment où en est l’entreprise. Ça ne peut pas se faire seul et c’est bien l’utilité du baromètre social. Dans les PME, au prétexte que l’on ne soit  pas très nombreux et qu’il règne une bonne ambiance, les dirigeants pensent vite qu’ils sont accessibles, que la parole est libre, etc. En réalité, ce n’est pas le cas, et c’est souvent la peur de se confronter à la réalité qui les arrête. J’en parle d’autant plus facilement que ça vaut aussi pour moi. En 2014, ALG était devenue une belle entreprise et j’ai eu envie de faire une enquête de satisfaction collaborateurs, un peu comme on fait une photo pour fixer un instant heureux. Alors que tout se passait effectivement très bien, Sens & Idées a identifié trois problématiques que nous n’avions pas du tout repérées, notamment la crainte des collaborateurs, inquiets que la croissance forte d’ALG dilue la culture naissante de l’entreprise. On a aussi identifié des questions sur l’éthique professionnelle et la charge de travail. Je n’aurais sans doute pas utilisé un baromètre social si je ne m’étais pas senti rassuré par la situation de l’entreprise et je serais passé à côté de difficultés naissantes…

Quel a été l’apport de Sens & Idées ?

Sa valeur ajoutée se situe à plusieurs niveaux : son baromètre bien sûr, mais aussi l’analyse des données qu’il fournit. Sens & Idées a mis à jour des questions « à bas bruit » qu’il fallait traiter et a fait des préconisations. Sens et idée est intervenue en conseil de surveillance et sa prestation a été très apprécié par les actionnaires. Un an après, on a de nouveau fait appel à eux pour un deuxième baromètre afin d’objectiver les choses. On a constaté qu’on avait collectivement avancé sur ces questions et que les indicateurs étaient très bons. Mais nous nous sommes aussi aperçu qu’une équipe était passée en situation de détresse, ce qui nous a permis d’intervenir très tôt, avant que les problèmes aient produit des effets délétères.

L’intérêt du baromètre social est aussi d’offrir un suivi fin de la santé du collectif de travail ?

Oui, s’il y a des difficultés, cela permet de mieux les comprendre et les résoudre. Mais même lorsque tout va bien, l’intérêt est de désamorcer les tensions qui ne manquent pas de naître en permettant aux collaborateurs de s’exprimer librement et anonymement. Il ne faut pas avoir peur. Prendre la température ne donne pas la fièvre ! C’est un outil qui nous a été vraiment utile, un miroir de l’entreprise qui ne doit pas être laissé seulement aux grands groupes.

> Intéressé par un partage d’expériences avec Renaud Sornin ? Nous vous donnerons ses coordonnées avec plaisir (contact : benjamin.gay@sens-et-idees.com)

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